À Propos   

 

Mathéo Fradet évolue très tôt dans le monde artistique par l’apprentissage de la musique et du théâtre. Ses formations en histoire de l’art et en architecture lui permettent de faire le lien avec une pratique artistique proche du street art. Touche à tout, il fait un échange à Lisbonne en 2015, où il crée des œuvres singulières utilisant des médiums comme du textile, de la poussière, du scotch, des clous, de la pâte à modeler et du mobiliers urbains. Il développe par la suite une démarche artistique performative alliant installation, projection et vidéo mettant en scène les espaces qu’il pratique au quotidien.
En parallèle, il participe à des ateliers internationaux d’études et de prospectives urbaines sur des territoires singuliers (Brésil, Mongolie) utilisant des méthodologies d’enquêtes anthropologiques et sociologiques.

En 2017, il collabore avec le Studio allemand Umschichten sur des projets de réemploi et d’architectures éphémères. En 2018 et 2019, il prend part à plusieurs chantiers et projets humanitaires de reconstructions d’écoles en Dominique et en Tanzanie. Il travaille actuellement pour l’Atelier d’Architecture de Laurent Niget.

Sa démarche est poreuse et protéiforme. Elle invite différentes disciplines à flirter, se rencontrer, s’entremêler, se lier.
Architecture, scénographie, société, cinéma, urbanisme, théâtre, musique, politique, écriture, sculpture, matière… Il utilise ces multiples thématiques comme des instruments à expériences, à la façon d’un enfant qui découvre le monde, jouant et manipulant leurs paramètres, les mettant en relief, faisant émerger une compréhension, une esthétique, un imaginaire singulier.

« J’aime assez le mot «d’expérience», dont l’origine dit quelque chose de la traversée, mais d’une traversée avec le corps d’un espace qui n’est pas donné d’avance mais qui s’ouvre à mesure qu’on avance. Donc, le mot « expérience » un peu réactivé, rajeuni, disons. »   Derrida “Les arts de l’espace, écrits et interventions sur l’architecture”, p 7, Textes réunis et édités par Ginette Michaud et Joana Maso avec la collaboration de Cosmin Popovici-Toma, Essais Editions de la différence, 2015

Convaincu que les disciplines auxquelles il touche, aussi vastes qu’elles soient, doivent s’alimenter pour le nourrir, il envisage leurs rencontres par une notion, intrinsèque à l’architecture, l’espace. L’espace c’est pour lui un vecteur d’une connexion sensible et impalpable. Telle une matière à modeler, il lui permet de lier l’ensemble, les autres, nous. L’espace est notre ancrage existentiel. Il est un composant indispensable de la réalité physique du monde. Un élément d’autant plus fascinant qu’insaisissable et dynamique.

««L’espace est existentiel» et «l’existence est spatiale». Cette expérience est relation au monde ; dans le rêve et dans la perception, et pour ainsi dire antérieure à leur différenciation, elle exprime «la même structure essentielle de notre être comme être situé en rapport avec un milieu», – un être situé par un désir, indissociable d’une «direction de l’existence» et planté dans l’espace d’un paysage. (…) une «phénoménologie» de l’exister au monde.»   Michel De Certeau citant Merleau-Ponty, “L’invention du quotidien”, p 209, Arts de faire, collection 1018, 1980.