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MATMAT-01

Je suis diplômé d’architecture et habilité à la maîtrise d’œuvre en son nom propre mais je ne porte pas le titre d’architecte n’étant pas inscrit à l’ordre des architectes. Pourtant, je parle volontiers d’architecture de manière très élargie car il est certain que le cadre de la maîtrise d’œuvre n’est pas son unique expression.

Mon parcours est hétérogène et se nourrit des mots de Giancarlo de Carlo dans ‘Architecture et liberté’ : « La finalité de l’architecture (n’est pas) de produire des objets (…) sa tâche (est) de donner naissance à des processus de transformation de l’environnement (…) susceptible de contribuer à l’amélioration de la condition humaine »

Mes premières œuvres sont sous l’influence du Street Art, où je m’essaie à une approche graphique en espace public mêlant textile, poussière, scotch, clous et mobilier urbain, puis je déploie des formes plus performatives alliant installation, projection et vidéo mettant en scène des espaces que je pratique au quotidien.

Durant la fin de mes études, je m’engage dans des ateliers internationaux étudiant la présence de l’eau dans le paysage urbains de quartiers autoproduits au Brésil et en Mongolie. 

Plus tard, je travaille quelques années sur des projets de réhabilitations en marchés publics (logements sociaux et équipements municipaux) avec l’Atelier d’Architecture de Laurent Niget à Paris, et plus récemment chez Rigassi architectes associés à Grenoble.

Je suis également charpentier. Mon expérience de constructeur a émergé dans ma collaboration avec le Studio allemand Umschichten, explorant des notions de liens sociaux et politiques via des projets d’architectures éphémères abordés sous l’angle des cycles de fabrication, de stockage et de recyclage.

Ces premières expériences joyeuses de construction se sont poursuivies avec des ONG en prenant part à des missions de reconstruction post catastrophe climatique en Dominique, puis de réhabilitation d’école et de petits habitats ruraux en Tanzanie. Enfin, j’étaie mes compétences empiriques en travaillant en tant que charpentier avec le Labo bois au sein de la Coopérative d’activité Cabestan et ensuite avec Nebraska, association Grenobloise développant la construction en paille porteuse.

Une relation étroite à l’artisanat s’est affirmée durant ses différentes pérégrinations professionnelles. Ce lien nourrit un mouvement riche et complexe entre savoir et faire, imaginaire et tangible, geste et engagement. Cela forme un écosystème où se rejoignent des disciplines et des pratiques qui alimentent expérimentations, rêveries, militantisme et constructions. Dans cette traversée où j’adopte différentes postures, dans des contextes variés, je me demande ce que Société et Habiter peuvent et pourraient signifier à la lumière des questions politiques, sociales et écologiques actuelles. J’explore des façons de faire perdurer et exister des savoirs faire, des savoirs être où l’intérêt commun est revendiqué, incarné et vivant. J’aspire à proposer des dispositifs habitables, matériels, artistiques, politiques, pédagogiques, les plus justes et à propos.

 

Et parce que rien de tout ce qui a été fait et présenté sur ces pages internets, ne l’a été seul, comme pourrait le suggérer cette présentation subjective, il s’agit pour beaucoup et le plus possible, de prétextes à des aventures collectives donnant toute sa raison d’être à cette idée d’une architecture à énergie humaine, « une architecture qui donne de l’énergie à celles et ceux qui la vivent », pour citer Mathias Rollot.